Histoires de végétaux

Il y a bien longtemps, avant que l’homme n’ait qu’un seul Dieu, avant que le déluge ne frappe la terre et ses habitants pour leur rappeler leur manque de respect, la nature, les animaux, et les hommes pouvaient communiquer entre eux, avec l’aide de magiciens et de magiciennes, qui ont laissé leurs noms à travers les âges et dont certaines histoires racontent encore les exploits.

Au cours de votre découverte de l’Yonne, vous remarquerez des lieux qui portent le nom d’arbres ou de végétaux. Leur représentation sur les maisons, les vitraux, les chapiteaux des églises sont les preuves de ce lointain passé. Ce chapitre sera consacré à l’histoire et aux légendes qui s’y rapportent.
Une histoire devenait une légende en se transmettant, d’abord de barde en barde, ancêtre du troubadour qui chantait les louanges d’un roi, d’un magicien ou d’une magicienne voire d’un Dieu ou d’une Déesse, puis ce sont les artisans qui en passant dans les villages « colportaient » les histoires. Du reste le nom de colporteur est resté pour les artisans (demandez à Monsieur Larousse de Toucy, vous verrez !!).

Les bardes racontaient et chantaient l’histoire d’un grand combat où les arbres et les herbes avaient été sollicités afin d’aider les hommes à repousser les démons de l’autre monde. C’étaient, d’après la légende, des monstres écailleux à cent têtes, déchargeant une armée d’autres démons qu’ils avaient sous chacune de leurs cent langues, des crapauds noirs cornus qui avaient cent griffes chacun, sous la direction d’un serpent géant à crête magique.

C’est un grand magicien, du nom de GWYDION qui, de sa baguette magique avait donné la possibilité aux végétaux de se déplacer, aidé des déesses BECHUILLE et DIANANN qui, elles aussi, enchantaient les pierres, les arbres et les mottes de terre afin que toute les chances soient mises en place pour repousser les démons.

On raconte que...
... les aulnes, au lignage éminent, lancèrent la première attaque. Les saules et les sorbiers arrivèrent (par contre) en retard à l’armée. Les prunelliers épineux étaient avides de carnage. Les puissants cornouillers, vaillants princes, et les rosiers, s’en prirent furieusement à l’ennemi, ainsi que les framboisiers, les chèvrefeuilles et les lierres.
Les ajoncs et les bruyères furent plus craintifs ; formés en bataillons, ils poursuivirent cependant l’ennemi en fuite, qu’ils fouettaient.
Les cerisiers se moquaient du danger et se lançaient dans la bataille, sans réelle coordination. Les bouleaux hautains furent longs à s’équiper, non qu’ils fussent couards, mais à cause de leur grande taille. Les cytises, les genêts et autres arbrisseaux ne s’en laissaient pas conter, leur petite taille les faisait se glisser à l’avant-garde au plus près de l’ennemi, et l’issue en fut, qu’avec les fougères ils furent coupés, mais avant, ils avaient infligé des dégâts à l’ennemi. Les ifs, princes des batailles, se tenaient en première ligne, majestueux et intrépides. Les frênes, à la vue des rois, se conduisirent vaillamment et connurent le succès. Les ormes, féroces, ne cédèrent pas d’un pied, ils frappaient au centre, sur les flancs et à l’arrière. Les coudriers (noisetiers) frappaient de leurs branches souples l’ennemi, le cinglant avec force. Heureux les troènes, ces taureaux de combat, dont la furie faisait d’énormes dégâts. Les houx brillèrent dans la bataille, les épines acérées faisaient reculer l’ennemi. Les fines aubépines infligèrent bien du mal elles aussi. Les vignes agressives attaquèrent sans relâche, entravant les feuillards de leurs lianes. Les poiriers, pommiers, réalisèrent des exploits sur le champ de bataille. Les chênes furent rapides et puissants, ils faisaient trembler la terre et le ciel...
C’est ainsi que la nature reprit le dessus sur les démons qui voulaient dominer le monde et l’entraîner dans leur chaos. Les hommes ont la mémoire bien courte pour ne pas se rappeler ce qu’ils doivent à la mère nature.

La bible raconte que le Dieu qui créa le monde dit à l’homme et à la femme :
« Je vous donne toutes les herbes portant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence : ce sera votre nourriture. »
(Genèse, citation de Yahvé)

LES ARBRES

De tout temps les troubadours, les poètes et les conteurs, reconnaissent et évoquent l’arbre. Il est l’axe du monde, la flamme de la vie, le pont vers le ciel, l’éternelle vigueur. Il renaît à chaque saison, il a la connaissance du cosmos, sa tête étant près des étoiles, il connaît les secrets de la terre qui nourrit ses racines et peut fouiller dans les profondeurs obscures du sol.
Autrefois dans l’Yonne, à la faveur du soir, on pouvait entendre les bergers et les bergères, qui, montés sur les arbres, improvisaient, dans le silence de la nuit, la CHALANDE, mélopée ou chant, de leurs échanges amoureux. Pour les voyageurs, ces complaintes étaient celles des arbres et des elfes.
Au mois de mai, il était de coutume que les garçons coupent un jeune arbre et le plantent au pied d’une maison où une jeune fille était à marier. Ils ornaient la tige de rubans pour attacher une branche qui représentait le caractère de la belle. Ainsi, le houx représentait la moins aimable, le sureau la paresseuse, le noisetier la gourmande, le lilas la belle.
Les druides interprétaient les augures (prévoir une bonne ou une mauvaise nouvelle), en écoutant le vent dans les arbres.
Depuis la plus haute Antiquité, l’essence de chaque arbre représentait une divinité ; certains étaient une chapelle ou un temple consacré à un dieu ou une déesse. Devant chacun, on plaçait des offrandes, et l’on pouvait aussi exécuter des sacrifices. Dans certaines régions ou pays, il reste encore de ces temples ou chapelles dans le tronc des arbres. De nos jours ces lieux on changé de dédicace et sont consacrés à un Saint ou une Sainte.
Quand les Romains ont dominé la Gaule, ils ont fait un parallèle entre les dieux locaux et les leurs, ainsi on sait par exemple que :
Le dieu Jupiter était symbolisé par un chêne, Vénus par un tilleul, Hercule par un peuplier, Cybèle par le pin, Bacchus la vigne, etc. Des dieux des Gaulois, nous n’avons que très peu de données, mais longtemps, la population des campagnes a continué à faire des pèlerinages sur ces anciens lieux païens. Même si les lieux avaient des noms de bons chrétiens, il n’empêche que certains avaient des prénoms proches des dieux locaux, (nous verrons cela dans le chapitre consacré aux saints).
Dans les grandes familles on représentait, et on le fait encore à présent pour qui le désire et est curieux de connaître ses ancêtres, on représentait donc la filiation par un arbre dit généalogique. Les racines représentant les premiers de la lignée (du mot latin lignum, qui veut dire le bois) ou de la maison, puis chacune des branches, leurs enfants, le mariage de leurs enfants, les enfants de leurs enfants et ainsi de suite.
C’est sous la forme d’un arbre que la kabbale (livre saint de la religion juive) représente l’image symbolique de Dieu et de ses attributs, la connaissance, en remontant à l’origine de la création. C’est le modèle du monde, avec un schéma des forces productrices de l’univers. Les dix paroles par lesquelles Dieu créa le monde, les dix moyens que met en place Dieu pour se faire connaître, les dix vêtements dont il revêt ses moyens, pour qu’on les reconnaisse, les dix degrés prophétiques par lesquels il exprime ses messages, sont représentés par des branches qui se finissent par des articulations qui mènent à une autre branche.
Afin d’expliquer d’où vient Jésus Christ, les chrétiens ont représenté son aïeul Jessé, qui fait partie des huit princes juifs de l’humilité dans la Thora (livre saint des Juifs), couché, assis ou courbé, avec un arbre qui sort de son corps. Jessé est le père de David, roi des Juifs. L’arbre de Jessé symbolise les ancêtres de Jésus sur terre. Dans la bible, le prophète Isaïe nous apprend qu’un enfant de la descendance de Jessé naîtra et aura de grands pouvoirs. Il dit « Ce jour-là, la racine (métaphore) de Jessé qui se dresse comme un signal pour le peuple sera recherchée par les nations et sa demeure sera glorieuse ». Chacune des branches de l’arbre représente les ancêtres de Jésus et les prophètes qui ont porté la foi juive vers la foi chrétienne. Tout au-dessus on retrouve Jésus qui vient de naître, avec sa mère Marie.
C’est seulement depuis la fin du XIe siècle jusqu’au XVe siècle, qu’on le retrouve peint sur des tableaux, des vitraux, des sculptures et représenté dans des livres.
Dans nombre de villes et de villages que vous allez découvrir, vous trouverez une place avec un arbre à l’honneur. Il se trouve souvent sur la place de l’église ou sur la place nommée « de la République », là aussi c’est un symbole fort, il représente la Liberté, et l’abolition de l’aristocratie et du clergé. Autrement dit, quand le peuple français a « jugé et guillotiné », les nobles ou aristocrates (roi, comtes, ducs, etc.) et les représentants de l’Eglise chrétienne.
Après le coup d’état, appelé Révolution française, le citoyen HYVER, président de l’assemblée générale de la section de 1792, prononça un discours, le 3 mars 1793, soit l’an 2 de la République, au sujet des arbres plantés, pour symboliser la liberté. (Dans un prochain chapitre nous expliquerons l’impact de cette Révolution dans l’Yonne).
Le discours très « pompeux » commençait ainsi :
« Les ennemis de la liberté sont vaincus, vous venez d’enterrer l’aristocratie, et chacune des racines de l’arbre que vous avez planté, en repoussant du fond de la terre le venin aristocratique, ne recevra, de cette même terre, que les sucs purs et nourriciers qui feront grossir, élever sa tige, et donneront à sa tête la majesté qui appartient au seul arbre de la liberté, LE CHÊNE, L’arbre des druides. »
Les arbres de la liberté, commencèrent à être plantés dès 1790 en l’honneur de la Révolution. On en recensait plus de 60 000 en l’an 1792 ; ce symbole s’installa jusqu’en Pologne.
A la Restauration, en avril 1815, c’est-à-dire au retour d’un roi sur le trône de France, les arbres de la liberté furent presque tous arrachés. C’est en 1830 que l’on recommença à en planter, et c’est surtout en 1848 qu’ils furent de nouveau reconnus et même bénis par le clergé.

Le chêne

C’est l’arbre sacré des Gaulois, il symbolise la majesté, la force physique et morale, la prospérité et la solidité. C’est dans le chêne rouvre que les druides coupaient le gui, « celui qui guérit tout ». Il est rare que ce parasite s’installe sur cette race de chêne, dite aussi « chêne des pierriers » parce qu’elle pousse dans la rocaille. D’après le naturaliste romain Pline l’ancien, qui est né en 23 de notre ère, les druides récoltaient ce gui à un moment bien déterminé de leur calendrier, suivant un rituel qui consistait à le cueillir avec une serpe d’or et sacrifier deux taureaux blancs, dont les cornes étaient attachées pour la première fois ensemble.
Dans la Grèce antique, les prêtres et les prêtresses se retrouvaient au bosquet sacré, dans le sanctuaire dédié à Zeus appelé Dodone, pour interpréter le bruissement des feuilles de chêne sous le vent.
Les romains et les grecs pensaient que c’était l’arbre du dieu JUPITER.

Le frêne

Chez les gaulois il symbolise la puissance, la solidité. Ils s’en servaient pour fabriquer leurs lances.
On raconte qu’à l’époque où les arbres parlaient, le frêne était moqué par les autres arbres et considéré comme un aveugle, un étourdi et un niais. En effet, ne se rappelant pas quand arrive le printemps, il reste dénudé quand les autres commencent à se rhabiller, tandis qu’à l’automne, craignant de paraître ridicule à nouveau, il est le premier à se dépouiller rapidement de ses feuilles. Cela n’a pas changé de nos jours !!

L’orme

Au Moyen Age, il était appelé « l’arbre de la justice » ; en effet c’est sous cet arbre que les seigneurs et les juges rendaient leurs sentences.
Bien avant déjà, il était considéré comme ayant des pouvoirs surnaturels. On savait qu’il pouvait guérir diverses maladies de la peau, dont la lèpre. C’est avec son écorce que les guérisseurs concoctaient des remèdes contre les rhumatismes.

Le peuplier

Une légende raconte que le peuplier aurait donné le terme peuple, car c’est sous cet arbre que les gens se réunissaient pour prendre les décisions importantes.
Autre légende : quand Hercule, le demi-dieu, se rendit aux enfers il portait un chapeau de rameau de peuplier sur la tête, qui alors était noir, c ‘est sa sueur qui fit que le peuplier devint blanc et que cette sorte d’arbre se perpétua.
Les Italiens du XVIIe siècle le considéraient comme l’arbre des enfers parce qu’on le rencontrait, dit-on, sur les rives de l’Achéron, fleuve qui apporte les morts dans les limbes.
Les druides le considéraient comme l’arbre de l’incertitude.
Chez les grecs, c’est la nymphe LEUKE, fille de l’océan qui, pour échapper au dieu HADES, se transforma en peuplier.

Le saule

Croyance : faites une croix avec deux rameaux de saule, jetez- la dans l’eau d’une source sacrée, si la croix flotte, cela annonce une mort certaine dans les mois suivants, si la croix coule lentement la mort sera plus éloignée, si elle atteint rapidement le fond, la mort n’est pas en vue.
Depuis longtemps le saule symbolise la stérilité, car il perd ses fruits avant que ceux- ci ne soient mûrs. Au Moyen Age, il représentait la disette, la « famine ».
L’auteur Cesare Ripa décrit la disette en ces termes approximatifs « c’est une femme émaciée, mal vêtue, debout à côté d’une vache maigre tenant dans sa main droite une branche de saule et dans l’autre une pierre ponce, toutes deux sont les symboles de la stérilité, qui est la raison principale de la famine.»

Le pommier

C’est, dit-on, le premier arbre du monde, il fait des bouquets en mai et des trésors en septembre.
Le pommier, même mort, rend d’appréciables services, c’est un manche d’outil facile à manier, il fait des meubles élégants, c’est un excellent bois de chauffage, qui donne un feu gai et pétillant, qui chante de belles paroles, mieux quelquefois qu’un ami. La cendre de son charbon de bois est sans égale pour la lessive, il décrasse à fond le linge.
Adage : on dit d’une jeune fille charmante et appétissante, qu’elle est belle comme une pomme.
Adage : si l’on parvient à peler une pomme d’une seule épluchure, c’est de bon augure.
La pomme est le symbole, chez les pythagoriciens, de la connaissance, car quand on la coupe en son centre, on découvre une étoile à cinq branches symbole de la perfection.

La vigne

Un marchand qui faisait la route pour se rendre sur la marché de la ville, afin de vendre ses maigres récoltes, s’arrêtait toujours au même endroit, à l’ombre d’un arbre pour faire sa sieste, pendant que son âne grignotait une ronce sans épine. Il arriva un jour où le marchand découvrit que la ronce tant appréciée par son âne faisait des fruits. De jolies grappes violettes pendaient à la ronce. Curieux, le marchand se dit que si son âne n’était pas malade en mangeant ces fruits, c’est qu’ils étaient bons pour lui aussi et il goûta. Il trouva cela si bon, si rafraîchissant, qu’il en vendit sur le marché et revint avec une bonne somme d’argent chez lui. C’est depuis ce jour que l’homme sait tailler la vigne et la rendre productive.
Vous retrouverez souvent la feuille de vigne comme motif ornemental dans l’architecture de l’Yonne :
Elle représente le mois de septembre et l’automne.
Elle symbolise l’entraide, la solidarité conjugale et l’amitié.
Chez les Grecs, le dieu Bacchos (Bacchus) personnifiait la force productrice de la nature, par le développement de la vigne. Il est aussi le dieu des ivresses, physique et mystique. Il est le dieu des mystères et de l’orgie. Il arrache ses fidèles à leur foyer et les fait se livrer, dans la montagne, à des rites cruels, euphoriques et bizarres. C’est pourquoi, après son décès, les vignes furent plantées sur des monts et des montagnes, afin d’engendrer un vin généreux, qui rend joyeux a petite dose, en mémoire de ce dieu.
Pourquoi le jus de la vigne enivre-t-il ?
Réponse : Quand Noé planta sa vigne, Satan vint le voir et lui demanda pourquoi il plantait une ronce.
- Le fruit est bon, répond Noé, le jus qu’on en extrait est dit « vin », il réjouit le cœur des hommes.
- Travaillons pour moitié, dit Satan
Laissant là Noé, il alla chercher un agneau, un lion, un porc et un singe. Il les égorgea tous et mêla leur sang, qu’il répandit sur la vigne.
C’est depuis ce jour que , quand l’homme mange le fruit de la vigne, il est doux comme un agneau, quand il boit le vin, il s’imagine être un lion, et malheur lui arrive, s’il boit habituellement, il devient grossier comme un porc, s’il s’enivre, il babille, se dandine et grimace comme un singe.

Le lierre

Il est, avec la vigne l’un des attributs de Bacchus dieu du vin, en effet, les servantes, ou suivantes du dieu, (les Ménades), se faisaient des couronnes de lierre dont elles ceignaient leur tête.
Le lierre en décoction a les propriétés d’atténuer les effets de l’ivresse.
Sa façon de grimper et d’enlacer ce après quoi il grimpe, symbolise l’amour éternel et la fidélité.

Les ronces

A l’époque où les végétaux parlaient, la ronce tenait auberge. Elle était bonne et généreuse et ses longs bras ligneux enserraient ses clients, comme une mère ses enfants ; elle faisait facilement crédit, mais rares étaient les payeurs. Il vint un jour où elle ne put plus payer ses propres créances ; pourchassée, elle ne trouva personne pour l’aider. Depuis en errance, ses bras, si doux alors, sont devenus couverts d’épines. On la retrouve au bord des chemins ou elle agrippe le chaland pour lui rappeler son manque de charité et sa dette. 

Le châtaignier

Une légende raconte que cet arbre est la dépouille d'une nymphe, Néa, qui préféra se tuer plutôt que de céder aux avances du dieu JUPITER. Le dieu, ivre de colère, transforma Néa en CASTA NEA (châtaignier), ce qui veut dire en latin "chaste Néa". C'et le fruit de cet arbre qui symbolise le plus l'aventure : l'intérieur est un fruit doux, brillant, lisse comme la peau d'une femme, et appétissant. L'extérieur est plein de piquants. Jupiter symbolisait ainsi par le fruit la belle nymphe dont la beauté douce et lisse l'avait enivré, et qui piquait pour qu'on ne puisse pas la prendre.
 

L'aubépine

On raconte que les druides utilisaient l’aubépine pour communiquer avec les esprits des morts. A cette époque, les morts étaient consultés pour divers sujets du quotidien et ils veillaient sur les vivants.
C’est un arbre que les fées protègent, car jamais la foudre ne l’atteint, et il éloigne les serpents.
Les gaulois utilisaient son bois pour conserver la viande et éviter que le lait ne tourne.
Les romains rendaient hommage au mois de mai à Maïa, la mère du dieu Hermès, avec des rameaux d’aubépine, car c’est en mai que fleurit l’arbuste. Fleur douce et simple dont le parfum est délicat.
Les grecs offraient de l’aubépine lors d’un mariage pour qu’il protège le bonheur des jeunes époux. Au moment du repas de noce, chaque invité arrivait avec un rameau d’aubépine à la main.
A Rome, l’époux conduisait sa femme au moment de la nuit de noce, avec un rameau d’aubépine. A l’enfant qui vient de naître, on mettra de l’aubépine pendue au-dessus de son berceau pour le protéger des mauvais sorts et des maladies. Elle est aussi le symbole de la force.

Le houx

Pour les celtes allemands, il symbolisait l’espoir et la joie. En hiver, il décorait la maison avec ses feuilles bien vertes et ses boules rouges au moment où la nature s’endort nue. Il est le symbole de l’immortalité, et est le gardien de la vie qui va renaître. Ses feuilles avec épines éloignent le mauvais œil.
Pour les grecs c’est le symbole que l’on utilise pour féliciter les jeunes mariés.

Le laurier

C’est pour les romains et dans tout le monde antique l’emblème de la gloire. Les empereurs étaient ceints d’une couronne de laurier. Chez les grecs, la déesse de l’amour, Aphrodite, utilisait le laurier lors des cérémonies nuptiales et des naissances.

Pour les romains, c’est l’arbre de JUPITER.
Pour la religion chrétienne, c’est le symbole de l’éternité car il est toujours vert, et de la chasteté, car ses feuilles ne flétrissent jamais.
La légende raconte qu’un jour, le dieu grec de l’amour, EROS (Cupidon chez les romains) s’entraînait au tir à l’arc au bord d’un fleuve, quand il entendit Apollon, dieu des chants, de la poésie et de la musique, déclamer une aubade dont les paroles se moquaient de son manque d’habilité au tir. Furieux, Eros lui envoya une flèche d’or, qui atteignit Apollon en plein cœur. Apollon découvrit alors Daphné, la fille du dieu fleuve Pénée, qui passait rendre visite à son père, et dont il tomba follement épris. Mais Eros, dans sa colère, avait atteint Daphné d’une flèche de bronze, de celle qui rend l’amour insupportable à celui ou celle qui en est touché. Ainsi quand Apollon déclara son amour à Daphné, celle-ci s’enfuit à travers monts et marais afin de lui échapper. Mais Apollon la poursuivit de ses avances partout où elle pensait lui échapper. Alors qu’elle était sur le point d’être capturée, Daphné supplia son père de l’aider. Devant la détresse de sa fille, le dieu des fleuves la transforma en un magnifique LAURIER.
Mais Apollon ne se résignait pas à oublier son amour, aussi il déclara que désormais tous ses chants et ses poèmes seraient pour glorifier cet arbre qui représentait la force et le triomphe de l’amour.
Les romains l’utiliseront en couronne pour honorer leurs généraux, leurs héros, leurs poètes et leurs sages.
A l’époque de la Renaissance, la Victoire est représentée par une femme ailée qui remet une couronne de laurier au vainqueur d’une bataille et lui pose sur la tête. Tout comme aux temps des romains !!
L’empereur Napoléon portera cet emblème lors de son couronnement. 

Le roseau

 Pour les gaulois, le roseau passait pour éloigner les démons de l’eau.

Les grecs représentaient le dieu des pâturages, Pan, jouant d’un instrument fait dans un roseau.
Dans la bible on raconte que... Quand le gouverneur Pilate eut jugé Jésus, ses soldats le dévêtirent, lui mirent une chlamyde écarlate, puis le coiffèrent d’une couronne d’épines et mirent un roseau dans sa main droite. Ils se moquèrent de lui, lui crachèrent au visage, et le frappèrent sur la tête avec le roseau. Ils le dévêtirent avant de l’emmener crucifier. 

Le genévrier

Une légende grecque raconte que le roi Pélias, de la ville d’Icolcos, lointain pays magique, avait usurpé (pris) le trône et il se trouva un jour où il eut peur de le perdre.
Son neveu, le sage JASON, élevé par un centaure du nom de Chiron, pouvait revendiquer le trône, aussi, le roi Pélias pris les devants, il offrit à Jason de lui céder le trône si ce dernier lui rapportait la toison d’or.
C’était la dépouille d’un bélier d’or immolé par un nommé Phryxos pour remercier Zeus de l’avoir protégé pendant un périlleux voyage. La dépouille, qui avait gardé tout son éclat, éclairait, quand les rayons du soleil la frappaient, le parc sombre et sacré ou elle était suspendue et qui était gardé par un dragon.
Jason accepta le marché, il construisit un bateau avec l’aide de la déesse ATHENA. Celle-ci, afin de le protéger, y avait attaché un fragment du chêne prophétique de DODONE. Une fois l’équipage trouvé et le bateau construit, ils partirent tous à la recherche de la toison d’or. Après nombre de péripéties, ils arrivèrent en Colchide où se trouvait l’objet convoité. Jason et son équipage se rendirent à un banquet donné en leur honneur par le roi Eétès. C’est là que Médée, fille d’Eétès, et Jason se rencontrèrent. Belle magicienne, elle proposa à Jason de l’accompagner car elle connaissait la potion pour endormir le dragon qui gardait la toison d‘or.
C’est à base des baies de genévrier que la potion faite par Médée endormit le dragon et Jason s’empara de la toison d’or.
Tout comme le châtaignier, il est associé à la chasteté, car ses baies sont protégées par des épines.
Le bois du genévrier est associé à l’éternité car il est imputrescible (il ne pourrit pas). 

Le sapin

Il empêche la foudre de tomber et conjure les mauvais sorts. 
 
Il y a fort longtemps, le diable, qui avait une très nombreuse progéniture, se trouva fatigué d’entendre sa marmaille hurler, brailler, se chamailler. Il décida de lui trouver un terrain de jeux assez éloigné pour qu’il puisse savourer un peu de calme et de tranquillité au coin du feu. A cette époque la terre n’était pas encore trop peuplée par les enfants du dieu créateur et il y avait suffisamment de place pour tous. Un jour donc, le diable conduisit sa nombreuse descendance sur la terre, afin qu’elle puisse avoir de l’espace pour jouer. On vit bientôt une véritable avalanche de petits diablotins courir, sauter, se disperser sur les monts et les vallées de la terre. Le diable s’en retourna satisfait de son idée et soulagé de voir ses petits tout heureux. Mais bientôt, ceux qui avaient préféré les montagnes comme terrain de jeux, s’y trouvèrent mal à leur aise. Ils avaient beau être habitués à la chaleur de l’antre de leur père, il n’en restait pas moins que les rochers nus, chauffés par le soleil, les faisaient littéralement griller. Certains se mirent à gémir, à se plaindre, puis tous se mirent à pleurer et finalement, ils décidèrent de regagner le foyer paternel.
Cela ne fit pas l’affaire du papa diable, qui s’était habitué au calme de sa caverne !
Il se rendit sur les montagnes pour vérifier les dires de ses rejetons (il est bien connu que tous les enfants ont quelquefois des caprices...). Il constata qu’ils disaient vrai. Il décida alors de faire pousser des buissons, des bruyères sur les rochers, et des herbes afin de rendre la pierre plus agréable au contact des pieds de ses enfants. Mais il n’eut pas sitôt le dos tourné, qu’une nuée de chevreuils, chèvres, vaches et bouquetins, détruisirent bourgeons, feuilles, et jusqu’à la moindre brindille, en de coupables agapes. Le chef de famille n’avait pas prévu cela !!
Il réfléchit, puis décida de faire pousser des noisetiers, des alisiers et autres arbrisseaux qui étaient plus grands, donc mieux protégés des gloutons animaux. Ils ne touchèrent que leur base.
Mais voilà que la saison avançant, les premières averses apparaissent. Les petits diablotins se retrouvent mouillés, trempés, ils se mettent à avoir froid et à grelotter. De nouveau, gémissant, se plaignant, puis pleurant, ils s’en retournent chez leur père.
Papa diable finit par se demander s’il va enfin trouver la bonne solution pour avoir la paix, et que ses enfants soient bien !!...
Il décide alors de faire pousser des hêtres, des bouleaux, et autres arbres encore plus hauts. Mais le temps de ses réflexions, et de leurs applications, n’a pas empêché la saison d’avancer. La pluie a cessé, et un matin, c’est la gelée qui s’installe. Les feuilles des arbres ont changé de couleur en quelques jours. Les montagnes se sont parées de couleurs chatoyantes, tirent vers le rouge et le doré. Les diablotins sont ravis, le soleil est moins chaud, leur terrain de jeux est plein de ses belles couleurs qui leur rappellent la maison. Les quelques feuilles tombées sur le sol font un tapis moelleux. Ils sont enfin, heureux. C’est le paradis...
En bref, leur papa peut souffler !!!...
Il retourne dans sa caverne pour un repos, bien mérité.
Mais, c’est bien connu, le bonheur et la tranquillité sont toujours de courte durée...
Voilà que la neige et les grands froids prennent possession du terrain de jeux, si idéal hier.
De nouveau les diablotins gémissent, se plaignent et pleurent. Papa diable est bien contrarié. Il cherche dans ses grimoires une solution qui pourrait faire en sorte que ses minots soient bien toute l’année, et qu’il soit lui-même en paix. « Car c’est un bon père.»
Il se souvient alors d’une phrase, qu’il a lue enfant, quelque part dans un de ses manuels d’apprentissage. Il était, il s’en souvient, à l’école, avec ses camarades dieux....
Cette phrase disait ceci : « Quand on sait bien ce que l’on veut, on trouve.»
Il prend une tablette, et inscrit :
- il me faut : un arbre qui protège contre la chaleur, qui abrite de la pluie, qui retienne la neige, qui brave les rongeurs, les mangeurs de feuilles et de bourgeons ...?!!»
Il farfouille dans son grimoire, et découvre le SAPIN. Il correspond à toutes ces exigences !!!
Heureux et décidé, il en fait pousser sur toutes les montagnes et monts à neige. Leur ombre fait recouvrir de mousse les rochers durs, leur odeur éloigne les rongeurs et mangeurs de feuilles, elle soigne les bronches, bref, c’est enfin le paradis pour les diablotins et la paix « éternelle » pour papa diable.

L'arbre de vie

C’est l’arbre légendaire dont les feuilles repoussent au printemps et meurent en automne. Il est représenté le plus souvent avec un serpent lové à sa base, c’est le gardien du monde des ténèbres. Ses racines sont reliées au ciel par le tronc et ses branches portent la vie. C’est aussi là que vivent les elfes.
Dans la Bible il est dit, que Dieu planta un jardin chez lui en Eden. Il yl fit pousser toutes espèces d’arbres aussi séduisants. Certains produisaient des fruits délicieux à manger. Au milieu de son jardin se trouvait l’arbre de vie, dont les fruits donnaient la connaissance du bien et du mal. C’est là que se tenait lové le serpent. Dieu, qui était tout fier de son œuvre, invita l’homme et la femme, qu’il venait de créer, à venir se promener dans son superbe jardin. Il dit à l’homme :
- « Tu peux manger de tous les fruits de mes arbres, mais vois celui-là - et il lui désigna l’arbre de vie -, ce grand arbre majestueux au milieu de mon jardin, tu ne dois pas manger ses fruits sinon tu en mourras. »
Le serpent, gardien de l’arbre de vie, profitant de l’absence de Yahvé (Dieu), attira l’homme et la femme qui se promenaient dans le jardin. Il leur présenta le fruit de l’arbre de vie et vanta son parfum, son goût exquis, ses qualités rafraîchissantes, et les invita à le goûter. Tout d’abord l’homme refusa, alléguant que le fruit de l’arbre était mortel. Mais le serpent malicieux regarda la femme dans les yeux, ce qui l’hypnotisa et celle-ci goûta le fruit. Comme elle avait l’air de beaucoup l’apprécier, et ne semblait souffrir d’aucuns maux, l’homme en goûta aussi, et le trouva fort à son goût. Quand leur père revint, il découvrit en discutant avec eux, qu’ils avaient désobéi, car le fruit de l’arbre de vie leur avait fait perdre leur ingénuité (innocence, candeur). Il se mit alors très en colère et pour les punir, les chassa du jardin. Ils eurent très peur au début, mais le fruit défendu était le fruit qui donne la connaissance, et c’est à partir de ce jour que l’homme et la femme durent procréer, travailler et prendre de la peine pour subsister. 
 

Le chardon

Le chardon était connu dans la civilisation celte pour exorciser les personnes possédées par le démon.
 

L'acanthe

Lorsque vous entrez dans les églises, vous rencontrez souvent sur les chapiteaux (au-dessus des colonnes) des feuilles de cette plante car elle symbolise les épreuves traversées. Tout comme le houx, elle a des piquants aux pointes de ses feuilles. C'est un architecte grec du Ve siècle avant notre ère, du nom de Callimaque, qui créa la tradition du décor de feuilles d'acanthe. Il se promenait au bord des tombes. Celles-ci étaient à l'extérieur des villes, et l'on venait s'y reposer, se détendre en compagnie de ses ancêtres ou de ses amis morts ; on partageait un repas, des libations, on conversait avec eux. Ils faisaient partie du quotidien des vivants... Bref ! Callimaque découvrit sur la tombe d'une jeune corinthienne un bouquet d'acanthe qui enserrait un panier couvert d'une tuile. Le bout des feuilles s'enroulait légèrement. Il trouva cela charmant. C'est ainsi qu'il eut l'idée de les utiliser comme décor architectural pour les colonnes. Callimaque eut un très grand succès, cela devint une mode qui s'est perpétuée à travers les âges.

Le blé

C’est le symbole de la fécondité et de la résurrection chez les romains.
C’est le fruit de la terre.
Quand on symbolise les mois de juin et juillet et l’abondance, on les représente en jeunes filles portant une brassée d’épis de blé.
La légende grecque rapporte que le dieu Zeus, ayant pris en pitié les premiers hommes qui se nourrissaient, comme les animaux, de racines et de glands, chargea la déesse Déméter, sa fille, de porter comme présent, sur terre, des épis de blé. Déméter, rencontra Géa, la déesse du sol et des profondeurs. Ensemble elles enrichirent la terre des saisons et des moissons. Ce sont les cris des grues, (oiseaux migrateurs qui passent dans l’Yonne) qui marquent l’arrivée du printemps et leur départ, l’automne, qui donne le rythme du travail de la terre pour les hommes.
En argot, le blé signifie l’argent. 

Le palmier

Bien sûr dans notre département vous ne trouverez que très rarement de vrais palmiers. Si nous vous le présentons, c’est parce que en découvrant certaines statues, vous comprendrez mieux leur représentation.
Le palmier est connu depuis l’Antiquité, il symbolise la victoire, la renommée, le triomphe sur la mort. Attribué au mythe du soleil, il évoque la gloire et l’immortalité, en raison de la disposition harmonieuse de ses branches et de ses feuilles qui font penser aux rayons de soleil.
Dans l’iconographie chrétienne, il symbolise le martyre, considéré comme une victoire de la foi. Ainsi quand vous voyez un personnage avec une branche de palmier, c’est que c’est un martyr du christianisme.

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