Les ponts et les hommes

Anecdotes et faits divers

Les ponts et leurs bâtisseurs

   Louis le Pieux, dans un capitulaire de l'an 822, donnait des instructions à ses délégués afin que l'on continue d'entretenir, de réparer ou de renouveler les ponts, par les soins et aux frais des personnes qui les avaient construits. Afin d'asseoir l'autorité de ses recommandations, il fixait le terme extrême qu'il accordait pour cette restauration, et qui ne pouvait être prorogé au delà de la fête de Saint André, le 30 novembre. Toutefois, il tint compte de l'importance de l'œuvre ou des crues d'eaux, empêchements majeurs pour quelques localités.

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    4b  4cLe vieux pont de Pierre-Perthuis (Yonne) :
rare et bel exemple de pont en dos d'âne à arche unique.

   La construction du pont de Montauban subit bien des obstacles. Dés 1144 , le comte de Toulouse, Alphonse Jourdain, donne l'autorisation aux bourgeois de Montauriol de fonder la ville de Montauban sur les bords du Tarn. Il ajoute une clause : les habitants devront construire un pont sur le Tarn. Il demande à six prud'hommes d'établir avec lui les droits du pont. Mais la ville naissante est trop pauvre. De plus, c'est la guerre avec les Albigeois. En 1264, on prend des mesures financières pour la construction du pont. En 1291, la ville achète l'île des Castillons ou de la Pissotte, pour asseoir plusieurs piliers. Philippe le Bel vient à Toulouse, arbitrer les différents entre les comtes d'Armagnac, de Comminges et de Foix. Il charge alors deux maîtres, Étienne de Ferrière, Châtelain royal de la ville, et Mathieu de Verdun, bourgeois, de faire construire le pont. Ils devront soumettre tous les étrangers passant à Montauban à une taxe, dont le produit servira exclusivement à la construction du pont. Il accorde au consulat de la ville une subvention, en 1304. Il impose la construction de trois grosses tours, dont il se réserve la propriété et la garde. Mais les sommes furent détournées par les consuls. Le pont, tout en brique, sera terminé vers 1335. La tour centrale était triangulaire ; elle disposait d'un escalier à vis qui descendait jusqu'à une poterne, percée au niveau de la rivière. Une chapelle était disposée au niveau du tablier de la tour centrale, sous le vocable de Sainte Catherine. On avait disposé une bascule à la poterne, qui portait une cage en fer destinée aux blasphémateurs, que l'on plongeait dans le Tarn.

   Le pont d'Avignon. Sa rapidité d'exécution serait due à la réutilisation de pierres déjà taillées, provenant d'un ancien ouvrage gallo-romain. Bénezet, le constructeur, serait né à Hermillon, près de Saint-Jean-de Maurienne ; mais il serait plus juste de dire qu'il est né à Burzet, en Ardèche, où sa maison natale est classée. De son vrai nom Benoît Chautart, dit petit Benoît. Il vient en Avignon le jour de l'éclipse du soleil, le 13 septembre 1177. Il a 20 ans. Il informe Monseigneur Pons qu'il est envoyé par Jésus pour construire un pont entre le Royaume à droite et le Saint Empire à gauche. Il prendra le nom de Bénezet frater Benedictus (extrait de l'article de Jean-Pierre Guiol "Les ponts, leurs histoires et leurs légendes", p 97, Bulletin de l'académie du Var ; une belle étude plus moderne et complète de l'histoire et de l'archéologie du pont d'Avignon figure dans Provence romane , tome 1, aus éditions du Zodiaque).

   L'historien Bodin raconte que le pont de Cé fut appelé pont de Sagei , ou Sigei, d'où l'on a fait pont de , Cens, Ceos, du mot celtique , qui signifie étang ou grande étendue d'eau. L'étymologie pourrait aussi venir du mot anglo-saxon Sea, See, qui signifie eau, par opposition à terre (dictionnaire de Samuel Johnston, 1765).  A quelques nuances près, l'étymologie de Sée, , depuis le XVe jusqu'au XVIIe siècle, semble s'accorder avec une étendue d'eau assez large. Le premier pont de Cé en pierres remonte au XIe siècle. Il rattachait l'île et le bourg.

   Dans le cartulaire de Notre-Dame de Rouen, de 1213, le pont d'Arquet est cité, lors de l'acte de vente de masures entre un certain Roger Fabre et les moines de la cathédrale Sainte-Marie ; on le retrouve en 1431, cité dans une pièce de tabellionnage (notariale), puis dans d'autres actes du XVe siècle. Notamment, lors des conflits qui opposaient les habitants de la ville de Rouen à la paroisse de Saint-Ouen, afin de déterminer qui devait payer les réparations du dit pont. Le vicomte Guillaume Gombault se fait témoin dans le procès.

guillon

  Le Conseiller d'Etat Shée, Préfet du Bas-Rhin, à l’occasion du couronnement de Napoléon, célébré à Paris le 2 décembre 1804, procéda à l’inauguration solennelle des grands travaux exécutés à Strasbourg. Il s’est rendu, accompagné des magistrats et des chefs des services civils et militaires, sur les bords du Rhin, à l'emplacement déterminé du pont à construire, en vertu de l’arrêté consulaire du 27 ventôse an XI. Il a battu les derniers coups d’un mouton de 500 kg (masse verticale), sur le dernier pilot de la face de la culée gauche, à l’entrée de ce pont. Ce pont, en bois fixe, commencé en 1804, fut terminé en 1809. Il fut nommé Pont Impérial. C’est l’ingénieur en chef Kastner qui fut chargé de son exécution. On a pu en voir un dessin dans ‘’Le Strasbourg illustré ‘’de Pilon. Le pont fut détruit du côté badois au retour de Napoléon de l’Ile d’Elbe, et la partie française disparut au bout de quelques années (Revue Alsacienne, p. 659).

   En 1862, Eustache de la Quérière, historien archéologue rouennais, écrivait : « En 1810, lorsque l’empereur Napoléon 1er décrétait qu’un pont de pierre serait construit à Rouen, en remplacement du pont de bateaux, on était loin de prévoir que 30 ou 40 ans après, de l’autre côté du fleuve, le village de Sotteville, à la porte de Rouen, deviendrait une ville de 12 000 habitants, que le faubourg Saint-Sever verrait sa population doublée, enfin que les voies ferrées prendraient la place des grandes routes et qu’une gare pour les voyageurs et les marchandises serait établie sur la rive gauche de la Seine donnant lieu à une circulation incessante de charrois et de véhicules de toute espèce, ainsi qu’au mouvements d’une population considérable. La sécurité du pont devint urgente. Pour améliorer l’espace, les ingénieurs avaient privilégié une simple balustrade de fer à un parapet en pierre, mais il apparaît que l’affluence du pont ne correspondant plus aux paramètres de 50 ans en arrière, la sécurité du pont s’en ressent.» La Quérière propose d’envisager la conversion en pont de fer forgé carrossable du pont suspendu, lequel est peu éloigné du grand pont (Extrait de l'article d'Eustache de la Quériere ; historien archéologue Rouennais de 1862 : "Note sur les ponts de pierre de la ville de Rouen").

   En 1837, Henri Beyle, mieux connu sous le pseudonyme de Stendhal, touché par le nombre d'accidents mortels qui survenaient régulièrement au Pont-Saint-Esprit de Saint-Saturnin-du-Port, suggéra que l'on ouvrît une arche marinière plus large en suppriment une des piles ; mais il fallut attendre 15 ans pour sauver des vies. Quand deux arches furent détruites, on les remplaça par une seule arche en fonte et en fer, pour faciliter le passage des bateaux.

   Le 22 juin 1853, l'épreuve de livraison du pont suspendu de Monéteau (Yonne) se déroule au-delà des espérances. A la suite d'un décret du 4 novembre 1851, la construction d'un pont traversant la rivière Yonne, au village de Monéteau, avait été reconnue d'intérêt public. Le 22 juin 1853, l'édifice terminé, on opère l'épreuve de livraison et de validation, avant ouverture au public. Sont présents les ingénieurs des Ponts et chaussées. La veille de la cérémonie, on a fait déverser 70 000 kilos de sable sur le pont. Toute la nuit, une pluie incessante est tombée, augmentant la charge du pont. Les ingénieurs présents, après une minutieuse inspection, constatent que le pont n'a en rien souffert. Le lendemain on retire le sable et le pont est livré à la circulation. Le péage devait y être perçu pour 20 ans, mais au bout de 10 ans , en 1862, le conseil du village résolut de le racheter pour les années qui restaient à courir (Extrait de l'Histoire de Monéteau, par l'Abbé H Bouvier 1897).

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   moneteau3   moneteau4Le pont de Monéteau

Les ponts et les armées

  A différentes époques, la cavalerie passait, nous dit Drieu81 dans "Notions générales sur le passage des rivières" (pp 86 et suivantes), presque toutes les rivières à la nage ou à gué. Dans l'infanterie espagnole, les fantassins passaient les rivières en se couchant, le ventre sur leur bouclier, soutenu par deux outres, sur lesquelles était attaché leur vêtement. On dit aussi que les Patzinaces, ancien peuple du bord du Danube, passaient le fleuve assis sur des outres avec selle et armure. Ils tenaient la queue de leur cheval qui nageait devant. Le généralissime Montecucculi82 rapporte que les Tartares s'attachaient à la queue de leur cheval pour traverser les rivières. Louis XIV fit exécuter le passage du Rhin à 6000 cavaliers à la nage, un certain nombre furent emportés.

En l'an 312, Maxence (empereur de 306 à 312), à la bataille du Pont Milvius, avait fait jeter un pont bateau sur le Tibre. Son armée ayant été défaite par celle de Constantin, les hommes se ruèrent sur le pont qui rompit sous la trop forte charge ; Maxence lui-même fut englouti avec ses hommes. Cela décida de la victoire de Constantin.

danubeLe pont de bateaux, presque inchangé depuis Hérodote...

   A la page 401 du dictionnaire géographique, historique... d'Eusèbe Girault de Saint Fargeau (1799-1855) on lit : "Pont-le-Roi, pons ad sequanam : jolie petite ville de l'Aube en Champagne, cette petite ville est tres ancienne, ce serait là qu'Attila (roi des Huns de 434 à 453 de notre ère) passa la Seine en sortant de Reims pour aller assiéger Orléans".

   Grégoire de Tours raconte que Clovis (roi des Francs de 481 à 511) , devait donner une bataille à Volon, sur la rivière du Clain, à 84 km de Poitiers. Le tumulte de ses légions avançant effraya une biche qui traversa la rivière et montra le passage à gué.

   Leudaste, comte de Tours, poursuivi par les serviteurs de Frédégonde (née vers 545 - morte vers 597) et espérant échapper à la mort, s’enfuyait sur un des ponts de la cité de Paris ; mais son pied s’étant engagé entre deux poutres, il se cassa la jambe et tomba au pouvoir de l’ennemi.

   Vers l'an 865, Charles le Chauve fait construire les ponts d'Avres sur Oise et de Charenton, sur la Marne. Il établit l'ancienneté des deux localités, dont les habitants étaient dans l'incapacité de réparer ou de reconstruire les ponts ayant existé. Ils étaient empêchés par la crainte, fondée, des incursions et dévastations des hommes du Nord, soit que ceux-ci pussent les détruire, soit qu'eux-mêmes y fussent poussés pour se protéger. Quelques années en deçà, un certain Gérard avait détruit tous les ponts de bois ou de bateaux qui traversaient la Seine au dessous de Paris.

gue moret   En 1189, Philippe Auguste était résolu à prendre Tours qui appartenait à la couronne anglaise, mais arrivé devant la ville, le pont avait été détruit par "les indigènes secondés par les gens du roi Anglais"; le Français, ne voulant pas renoncer à l'attaque, décida de faire passer son armée à gué. Philippe Auguste entra alors dans l'eau, monté sur son palefroi ; il traça avec des jalons ou balises le chemin que ses gens devraient suivre ; et dès qu'il atteignit l'autre rive, toute l'armée royale leva ses tentes, s'ébranla et suivit son chef. Les habitants de Tours se rendirent. Sur cette histoire déjà prédigérée vinrent se greffer des légendes, l'histoire d'une biche montrant le chemin du gué au Roi, ou celle de la Loire qui se serait miraculeusement abaissée, puis remontée après le passage des armées. Les Anglais racontent que la Loire était basse, vu que cela se passait à la Saint-Jean (fin juin).

   En l'an 1190, les Rois Philippe Auguste de France et Richard Cœur-de-Lion d'Angleterre s'en allaient de compagnie guerroyer en Palestine contre les infidèles. Leur armée traverse le Rhône à Lyon. A peine le pont fixe franch, l'édifice s'écroule, entraînant quelques retardataires. Huit ans après, en 1198, un pareil événement se produit devant Gisors, où Philippe Auguste échappe de justesse à la mort, alors qu'il fait retraite après un combat avec Richard Cœur-de-Lion. La croisade avait fait des rancunes.

   En 1194, Richard Cœur-de-Lion se battait en Poitou. Les chroniqueurs racontent qu'il gagnait les batailles à la grâce de Dieu. En 1206, ne trouvant ni ponts, ni bateaux, pour traverser la Loire alors qu'il se rendait en sa ville d'Angers châtier les traitreux bourgeois, "il étendit la main sur les eaux qui lui livrèrent un passage à gué" et alla mettre le feu à Angers.

   En 1204, les bourgeois de Rouen conclurent un traité avec Philippe Auguste, pour la reddition de leur ville. Ils s'engageaient à lui remettre les clefs de la barbacane, qui défendait la tête du pont, à détruire quatre des arches du pont, côté ville, et à établir ou murer une porte selon le bon plaisir du souverain.

   En mars 1214, l'évêque de Liège et le comte de Los, redoutant une attaque d'Othon de Brunswick (roi des Romains en 1198, souverain du Saint Empire germanique, couronné par le pape Innocent III en 1209), décidèrent de faire démolir le pont de bois de Maëstrick (Maastricht) et de faire emporter les poutres ; mais l'empereur fit passer ses troupes à gué à la fin de l'été. Pendant les conflits, les ponts bateaux ou de bois et les passages à gué remplissent des rôles considérables et sont le théâtre de bien des morts.

   En 1241, la France de Saint Louis et l'Angleterre étaient en guerre. Henri III d'Angleterre, s'était retranché avec ses troupes sur les bords de la Charente. S'appuyait alors au château de Taillebourg (Charente-Maritime), un pont reliant les deux rives, mais son étroitesse faisait encourir l'échec du passage. Sur les conseils de ses capitaines, Henri III ( successeur de Jean sans terre) décida d'opérer une diversion et de franchir la rivière sur deux ponts bateaux. Un chroniqueur raconte"Par nez (bateaux) et par pons ; très malle rivière, dit Joinville, laquelle n'avait là près qu'ung petit pont de pierre moult estroit par où l'on peust passer. Saint Louis fit lever (jeter, construire) un pont plus légieremnt (aisément) pour passer outre envers le roi Henri."

   Le 10 Décembre 1419, le duc de Bourgogne, Jean-Sans-Peur, est assassiné au pont de Montereau ou Montherauld.

jeansanspeur  montereau 4  L'assassinat de Jean sans Peur et les vestiges du vieux pont de Montereau.

   En 1429-30, au siège de Compiègne, Le Duc de Bourgogne, Philipe III le Bon, avait assis de grand engins devant la porte et faisait lancer de grosses pierres qui démolissaient les portes, ponts et moulins. Le pont de bois, qui servait à la communication avec l'avant pont, ne résista pas aux projectiles. Après la levée du siège, pour rétablir la circulation, on installa une passerelle avec des cordes et un service de nacelles. Le gouverneur de Compiègne, Guillaume de Flavy, établit, le 10 novembre 1430, une taxe sous forme d'emprunt pour la réparation du pont. Il faudra attendre 10 ans pour sa reconstruction (extrait de La prise de Jeanne D'Arc devant Compiègne, par Alexandre Sorel). C'est le 23 mai 1429, vers cinq heures de l'après midi, que Jeanne d'Arc, sur les perfides conseils du même Guillaume de Flavy, avait accompli sa funeste sortie, en franchissant le pont, qu'elle ne devait plus repasser.

   Du 18 au 29 août 1466, le duc de Bourgogne Philippe le Bon et son fils, Charles le Téméraire, comte de Charolais, incendièrent Dinant, ville située dans la vallée de la Haute Meuse. Un grand nombre de combattants périrent submergés par la chute du pont de bois.

   Le 13 mai 1449, le pont de L'Arche rentre sous domination Française ; un habitant, ayant sauté la muraille, accourut à Rouen pour informer le Duc de Sommerset, qui rentra dans un véritable accès de fureur. Les habitants de Rouen avaient aidé le roi Charles VII, qui déclara alors : " En toutes les parties et marches de Normandie n'y avoit pas de place plus propice à estre conquestée pour le Roy de France que ce dit pont de l'Arche, tant pour le passage de la rivière de Seine comme aussi pour tenir en subjection la cité de Rouen".

   Le lundi 5 septembre 1580, l’armée du Duc de Mayenne commandée par Livarrot et Montoison arrive à Saint Nazaire-en-Royans. Les Huguenots ont abandonné la ville, mais une quarantaine d'entre eux sont restés dans la tour de la ville. Ils sont tués et la ville brûlée. Puis l’armée fait route vers Pont-en-Royans. Ceux de Pont, voyant venir l’armée, mettent eux-mêmes le feu à la ville et rompent le pont, puis ils se réfugient dans le château. Toute la troupe voyant la ville brûlée, passe sur la rive droite de l’Isère pour monter à Grenoble, et de là à La Mure, pour commencer le siège du 30 septembre 1580 (extrait d’Histoire religieuse de Pont-en-Royans par l’Abbé L Fillet).

   Ce fut au pont Saint-Pierre, en l'an 1589, que Pierre Blanc du Rollet, alors gouverneur de Pont-de-l'Arche, située sur la rive gauche de la Seine, vint se soumettre à Henri IV. « Le capitaine David Rolet ou Roulet, qui commande la ville et le château de Pont d'Arche, ayant fait la promesse de conserver la dite ville, et le pont qui est le dernier pont de la rivière de Seine. Le pont Saint-Pierre est éloigné d'environ cinq petites lieues de la ville et empêchait le trafic qui se souhaitait faire des dites villes de Paris et de Rouen. Le Béarnais (Henri IV) se félicita de la soumission de la ville de Pont d'Arche.» (extrait des Mémoires de la Ligue)

   25 juillet 1793, au Pont-Charrault, situé sur la route de Saint Philibert à Chantonnay et que la plupart des historiens confondent avec le Pont-Charron distant de plusieurs kilomètres, la garnison de Luçon arrivée à la faveur de la nuit, surprend avant la levée du soleil, le poste vendéen de l'armée du centre. Sapinaud de la Verrie accourt au secours des siens. Il tombe frappé d'une balle et son corps est coupé en morceaux par les Bleus (dans "La Vendée Historique " de 1907).

     A la bataille du pont d'Arcole, du 25 au 27 brumaire an 5 (soit 15-17 novembre 1796), Bonaparte remporte une éclatante victoire. Certains tableaux représentent le futur empereur, encore général, brandissant le drapeau de la victoire. Image fameuse ! Pourtant, il faut rendre hommage à celui qui fut le véritable porteur de l'étendard, le soldat Jean-Baptiste Deloche. Il fit toutes les campagnes de l'Empire, jusqu'à la Berezina, en 1812. Oublié par les médias de l'époque, comme bon nombre de braves anonymes ayant servi pour faire la gloire des "grands hommes", il fut toutefois nommé directeur de la manufacture d'armes de Tulle par l'Empereur. Je cite là des sources sûres, puisqu'elles me sont transmises par un de ses descendants, informé par une tradition familiale continue, Marc Labouret (mon époux).

   « C'est sur le pont de la Drance, du côté de la Bastie, où sa Majesté (Napoléon 1er), alors Premier Consul, courut les plus grands dangers d'être précipité, et avec lui les destinées de la France. C'est de ce point, par la gorge de la Drance, qu'il prit sur la droite pour traverser les Alpes et aller décider, à Marengo (1800), quel serait le maître de l'Italie,de Napoléon 1er (Premier Consul devenu Empereur de 1804 à 1815) ou François II de Habsbourg-Lorraine (archiduc d'Autriche en 1792, qui deviendra François 1er Empereur en 1804 mort en 1835).» (Courtin, extrait des "Travaux des ponts et chaussées depuis 1800" p. 51).

desaix strasbourg   En 1800, Napoléon 1er fit élever un obélisque à la mémoire du général Desaix, tué à la bataille de Marengo. Le monument (image à gauche) s'élevait dans un petit jardin, à proximité du pont bateau sur le Rhin, qui conduisait à Kehl. Desaix a défendu ce pont avec le plus grand courage contre les Autrichiens. Le traité de Francfort consacre ce monument comme étant une possession française. Jusqu'en 1884, c'est un brave invalide , l'alsacien Charles Kayser, qui avait participé à la campagne de Russie, qui gardait cette parcelle du territoire français. Il était logé dans une maisonnette, construite à l'intérieur du jardinet, où il vivait avec sa femme (selon un article du "Journal du Dimanche", titre : "Enclaves françaises en Allemagne").
    Il s'agit du cénotaphe élevé en 1802 sur l'île aux Epis, voir : https://www.archi-wiki.org/Adresse:Monument_Desaix_(Strasbourg).

   Lorsqu'en 1812 l'armée française arrive sur les bords de la Bérézina, les pontonniers n'avaient pas leurs outils. Les bois dont ils pouvaient disposer constituaient les murailles des maisons construites en rondins de sapins. Le 25 novembre, à cinq heures du soir , on commença à démolir les maisons. Le 26 à huit heures du matin on commençait à construire deux ponts de chevalets, l'un fut achevé à une heure de l'après midi, l'autre à quatre heures. L'histoire ne retient pas ce que sont advenus les résidents des maisons, mais le marquis de Chambray dans "Histoire de l'expédition de Russie," rend hommage au dévouement des pontonniers de l'armée napoléonienne qui moururent de froid et de faim dans ces eaux glacées.

   Puis on rompit le passage sur le pont de la Bérézina, afin de conserver le pont libre pour le 9e corps d'armée, qui était attendu. Il en résulta une foule immense bloquée à l'entrée du pont et bientôt, un monceau de cadavres gelés, dans lequel il fallut faire une tranchée, pour laisser passer l'armée. Si l'on avait laissé s'écouler la foule, en la faisant passer rapidement, on aurait compté des milliers de victimes en moins, et le passage du 9e corps d'armée n'aurait rencontré aucun obstacle.

   (Le sculpteur Jean-Louis Faure rend hommage à sa façon anticonformiste aux morts de la Bérézina et au général Eblé.
   Ne pas manquer : http://emamo.free.fr/text_fr/sculpt82.htm)

   Le 29 septembre 1813 : Le général comte Bertrand a attaqué, le 26 de ce mois, le corps de l’armée ennemie de Berlin qui couvrait le pont jeté sur Wartenbourg. Battant jusque sur la tête de pont, l’ennemi à évacué la gauche et coupé son pont. Le général Bertrand a sur le champ détruit la tête du pont (extrait des nouvelles officielles de Tours 1813-1814).

   En avril 1848, à Rouen, il y eut une insurrection ouvrière, des barricades furent improvisées sur le pont Corneille, elles étaient défendues par un nommé Belleville, secrétaire du club central démocratique de la rue du pont de l'Arquet. (Consulter aussi l'exceptionnel article sur internet p. 9 et suivantes : www.apra.asso;fr/APRA/Articles/30-pontsDeRouen.pdf)

   Extrait de l’histoire du 4e détachement des sapeurs cyclistes affecté à la 4e division de cavalerie pendant la guerre de 1914-1918 :
- Le 4e détachement rejoint la 4e D.C. à Haudelaincourt près de Mangiennes.
- Le 10 septembre 1914, le détachement construit un pont à Veyry, Essonne.
- Le 15 octobre 1914, reconstruction de deux ponts détruits sur l’Aisne.
- Du 21 décembre 14 au 4 février 1915, le détachement travaille à l’entretien d’un pont de l’Yser.
- Le 30 mai 1915, le détachement détruit le pont de Mont-Saint-Père (Aisne) sur la Marne.
- 1er juin, participation à la destruction du pont de Château-Thierry (Aisne).
- Le détachement des sapeurs cyclistes éclaire la marche de la division par des patrouilles de reconnaissance de jour et de nuit. Il permet son passage en construisant des ponts et des passerelles à Roulers (15/10/1918), pont de pilotis légers, idem à Deuterghem.
- Le détachement sera cité pour avoir travaillé pendant six semaines à l’entretien d’un pont-bateaux sous la mitraille ennemie.
 
colonel bogey march
 

Les pontonniers des armées :

   Drieu81, en 1846-1847, faisait état de la corporation des pontonniers des armées, en soulignant : " La plus délicate de toutes les opérations que l'art de la guerre nous enseigne est, s'il faut en croire les auteurs militaires les plus célèbres, celle par laquelle une armée passe un fleuve large, profond et rapide, en présence de l'ennemi. Les pontonniers, avec leurs équipages de ponts sont devenus un élément assez important de nos armées."

   En 1841 , le colonel Birago (auteur de"Recherches sur les équipages de pont militaire en Europe" traduit de l'allemand en 1844) invente un nouveau système d'équipage, qui sera essayé et adopté en Autriche. Ce pont autrichien sera le corps de support des bateaux. Il s'inspire en fait des conceptions de l'officier Français, ingénieur poliorcète, mort en 1689, Nicolas Grollier de Servière83, qui aurait eu l'idée du chevalet.

Avant 1792, les ponts militaires pouvaient être confiés à l'artillerie. On adjoignait aux artilleurs, moyennement organisés, des bateliers bourgeois qui avaient une grande connaissance de la navigation. On faisait des pontons en cuivre, imités de ceux de fer blanc que les Hollandais inventèrent aux environs du XVIIe siècle. Mais ils étaient très peu solides.

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   En 1792 on créa deux compagnies de bateliers du Rhin puis, en 1795, on composa un premier bataillon de pontonniers qui fut suivi par d'autres. En 1814, avec la fragile paix, il n'en resta plus qu'un seul. En 1825, on en recomposa douze, et en 1841, le bataillon prendra la dénomination de "15e régiment d'artillerie-pontonniers", composé de douze compagnies. Les hommes qui l'intégreront devront, avant tout, être très robustes, exercer les professions de bateliers, d'ouvriers du bois ou du fer, ou de cordiers. On y trouve aussi des tailleurs et des cordonniers. Dans chaque compagnie, on trouve douze maîtres ouvriers dont quatre maîtres bateliers, qui dirigent et pilotent les bateaux ou trains de flotte, quatre maîtres ouvriers du bois et quatre maîtres ouvriers du fer.

   On ne peut que constater que les ponts de bateaux ou passerelles flottantes, sur quelque support que ce soit (outres, tonneaux...), ont servi surtout pour l'avancée des armées, et ce depuis les fins fonds de l'Histoire. Si de nos jours la sécurité prime, il faut reconnaître que cette notion ne fut pas souvent prise en compte par les ancêtres militaires. Bon nombre de chefs d'armées, ainsi que leurs hommes, sombrèrent en traversant sur ces "ponts" construits au débotté. Les ingénieurs n'auront de cesse d'améliorer ces ouvrages, indispensables dans tout conflit. Le pas cadencé des hommes de troupe, sera aussi un facteur de risque d'écroulement de certains ponts, même fixes. Après le passage des armées, certains ponts flottants resteront sur place, s'ils n'ont pas été coulés. La population civile en gardera le périlleux usage, avec plus ou moins conscience des risques découlant de charges trop lourdes. Il faut attendre le XIXe siècle pour qu'on se pose la question des principes de précaution à requérir, pour que les édifices ne s'écroulent pas.

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Les ponts et les juristes

   En 1185, Angallo, sire de Seignelay (Yonne) traitait avec les moines de Saint-Rémy de Sens. Angallo, seigneur en partie de Cheny, reconnait que l’Abbé de Saint-Rémy pourra construire deux moulins, l’un près du pont de ce lieu et l’autre au-dessus, de manière que la voie pour le passage des bateaux de l’autre côté de l’eau reste encore d’une toise de large. L’autre partie de Cheny appartenait déjà à l’Abbaye de Saint-Rémy en 833, par charte du Roi Louis le Débonnaire, confirmée en 878 pour son fidèle Baldric. La rivière Armançon est appelée ORMENTIO ou HERMENTARIA dans les actes. (Maximilien Quantin, Recherches historiques sur la rivière d’Armançon’’, p. 171)

   Même revue, p. 172 : l’administration de Paris se préoccupe de l’utilité de l’Armançon pour l’approvisionnement de la ville. Le jeudi, lendemain de la Saint-Loup 1367, des officiers de l’archevêque, messire Guy et l’official de Saint Julien vinrent à Brienon avec le lieutenant du prévôt des marchands, le maître du pont de Paris, et six échevins, pour visiter la rivière et voir comment ‘’elle portast navée’’.

   1466, Rouen : "le lundy tiers jour de févier, ung nommé Gauvain Manniel ou Mauviel lieutenant général du bailly de Rouen, fut fait prisonnier dans ladite ville et mené au pont d'Arche, et la le prévost des mareschaultx, dessus le pont du dit lieu fut drécié ung eschaffault, dessus lequel ledit Gauvain fut décapité pour aucuns cas de crime à luy impoez. Et dessus ledit pont fut sa tête mise au bout d'une lance et son corps jeté en rivière de Seine" (Extrait d'un article de Léon de Duranville tiré de la Revue Normande des hommes de lettres).

   Pont de Neuilly sur Seine : en 1718 les secrétaires du Roi réclamaient le privilège de l'exemption du péage du pont, qui leur était dévolu depuis la création de l'édifice, construit en remplacement du bac du dénommé Christophe Marie. Le Roi Henri IV avait chargé ce dernier de construire sur Sa rivière un pont. Un accord fut conclu entre le Roi et Marie ; les péages récoltés pendant trente ans seraient l'indemnisation de Marie et de ses héritiers après lui, jusqu'à échéance. Des prolongations de la rente furent accordées par lettres patentes à la demande de la duchesse de Schomberg qui fit proroger plusieurs fois l'acte signé entre le Roi et Marie. Les héritiers successifs de la duchesse, simples usufruitiers du dit pont, en avaient oublié les fondements des actes qui les engageaient à l'entretien et la réparation de l'édifice, en contrepartie de quoi ils seraient indemnisés au prorata des dépenses occasionnées et bénéficieraient des revenus jusqu'à échéance du contrat. Ils avaient oublié surtout que le pont n'etait pas leur propriété. C'est ainsi qu'à la date ci-dessus (1718), le préposé du marquis de Surville, héritier et détenteur des droits, voulut exiger du Sieur Deshalliers, secrétaire du Roi, le règlement de la taxe. Le secrétaire du Roi refusa, et le marquis de Surville alla se pourvoir devant le Grand Conseil afin de réclamer ses droits et contester les privilèges réclamés par le sieur Deshalliers. Un procès s'engage dont l'issue ne fut pas en faveur du marquis. A trop vouloir on peut tout perdre ; c'est ainsi que l'avocat du roi Maître Challye argue que : C'est le roi Henri IV qui avait accordé à Marie la jouissance des droits de péages pendant trente ans pour indemnités des frais de construction du pont et que le dit pont une fois remboursé retournerait à la couronne (cet acte fut conclu vers 1608, date de la construction du premier pont de bois ; un autre du même matériau sera construit en 1654). Les prorogations obtenues par la duchesse et ses successeurs gardaient les mêmes engagements que l'acte originel avec les modalités et clauses supplémentaires qui en aucun cas ne donnaient droit aux héritiers de se considérer comme propriétaires du pont. Ce qui ne fit que confirmer et rendre inviolable le retour à la couronne de l'édifice. Les successeurs de Marie n'ont donc pas à exiger des droits de péage aux secrétaires du Roi puisque les édits successifs confirment l'exemption , avec dérogation spéciale, sauf arrêt contraire, à tous les secrétaires du roi.

   Le roi avait fait substituer un bac domanial au pont, sur demande de Christophe Marie, afin de donner plus de liberté aux voyageurs, commodité pour le bien public. Le bac donnait une rente de 3000 livres pour indemniser l'abbaye de Saint-Denis. Le bac était celui-là même où Henry IV et Marie de Médicis avaient versé avec leur carrosse ce qui accéléra l'accord pour la construction du pont de Neuilly.

pontsuryonne   Arrêt du Conseil d’Etat du Roy du 21 septembre 1745 : Ordonne le droit de péage ou d’octroy de la ville de Pont-sur-Yonne, consis-tant en quatre sols pour muid de vin passant dessus et dessous les ponts de ladite ville, continueront d’être perçus au profit de Thibault Larue adjudicataire des fermes générales conformément à l’article 438 du bail de Forceville. C’est Monsieur de Morge qui était alors receveur des droits de péage.

   Un arrêt contradictoire de la Cour des Aides condamne le sieur Louis Finot, curé de la paroisse de Bassou dans l’Yonne, à payer les droits du pont de Joigny, pour les vendanges par lui recueillies sur le territoire de Saint-Aubin-sur-Yonne, élection de Joigny, et qu’il a fait passer sur le pont dudit Joigny, pour être conduites dans sa maison dudit Bassou qui est de la même élection : fait le 9 juillet 1759 . La somme demandée est de 28 livres 15 sols 6 deniers pour le droit de 26 feuillettes de vendange. On dut demander l’arbitrage de Paris (extrait des registres du Conseil d’Etat).

   Extrait des "Histoires procès et condamnations des criminels célèbres depuis 1830 " (tome 2 /1843 page 204) : affaire Peytel, notaire. Cour d'assise de l'Ain (Bourges) : Après quelques mois de mariage, une jeune femme est retrouvée mourante dans les bras de son mari, à côté du cadavre de son domestique. Début du procès le 26 aout 1839. Les journaux titrent : " catastrophe du pont d'Aubert". Ce procès retentissant aura ses détracteurs et ses défenseurs et alimentera les querelles politiques. Le notaire Peytel est ami avec Balzac qui prendra sa défense. La jeune dame Peytel était partie de Belley avec son mari et son domestique Louis Rey vers la fin d'octobre 1838 pour passer à Mâcon quelques jours. Le 1er novembre , à minuit, les habitants de Belley sont réveillés par l'arrivée du sieur Peytel en grand état d'agitation. Il annonçait le retour de la voiture de sa femme mourante, qui venait d'être frappée par des coup de feu dont l'un avait été fatal au domestique. Les premières constatations des habitants furent le corps sans vie d'une jeune femme gisant au fond d'une voiture, cette dernière ruisselait comme si on l'avait sortie de l'eau. Un médecin accourut et constata le décès de la dame dont le corps était glacé. Le corps sanglant du domestique fut relevé sur la route. D'après Peytel, c'est alors qu'ils passaient le pont d'Auderet jeté sur la rivière de Furans, et commençant à monter la Darde, qu'une tempête éclate. Le domestique sort de la voiture , des coups de feu éclatent. Peytel sort à son tour et assène un coup au domestique. Quand il revient au pont il découvre sa femme immergée dans l'eau. Peytel va chercher du secours dans la maison du forgeron le père Thermet et son fils. Le procès dure très longtemps et Peytel aura du mal à se défendre des deux meurtres. 

Anecdotes des ponts de Paris

   Le petit pont de Paris, jeté sur le bras méridional de la Seine, était probablement de bois lors du siège de la ville par les Normands, en 886. Il était alors muni d'un château de bois, qui formait la tête fortifiée, nommée plus tard le "Petit Châtelet ». Au XIIe siècle, il fut rebâti en pierre. Au XIIIe, Godefroy ou Geoffroy, chanoine de l'abbaye Saint Victor, raconte que le pont avait été reconstruit en pierres au siècle précédent par des instituteurs (scholarchae), qui avaient établi leur domicile aux pieds de la Montagne Sainte-Geneviève, sur les bords de l'eau. Afin d'attirer les élèves qui habitaient l'île de la Cité, ils prirent la résolution de construire avec leurs propres ressources, et de leurs mains, un pont sur le petit bras de la Seine. Ce pont devait remplacer celui qui avait été renversé par les crues. On dit que l'édifice était remarquable d'élégance et de forme. Les instituteurs furent surnommés "petits constructeurs de ponts" par opposition, dit le chanoine, aux frères hospitaliers (pontifes) qui fleurissaient à cette époque. Ils construisirent des maisons sur le pont. Elles se superposaient, afin de pouvoir les loger tous. Ils firent aussi des annexes et des moulins. Le petit pont rattachait l'île de la Cité au quartier de la rive gauche, dit de l'Université. En 1206, une inondation enleva trois arches ainsi que les bâtiments qui les couvraient. En 1280 et 1296, les eaux l'achevèrent en renversant le châtelet qui en commandait le passage.

glaces   En 1379, le pont Saint-Michel à Paris fut emporté par les glaces ; c’était le haut lieu des libraires et des armuriers.

  Henry IV interdit la construction de maisons sur le Pont Neuf de Paris, car, demeurant au Louvre, il n’aurait eu vue que sur les latrines. En 1769 il sera autorisé l’implantation de boutiques sur les demi-lunes, les loyers servant à secourir les veuves de l’Académie des Arts. En 1985, l’artiste Christo l’emballera.

   Le Pont Royal fut construit à l’emplacement du pont Rouge, qui était en bois, sur les plans de Mansart et financé par Louis XIV.

   Le pont de la Concorde fut construit avec les pierres de la Bastille, les statues monumentales qui l’ornaient sont à Versailles.

   Le 29 août 1788 : une rixe éclate sur le Pont-Neuf à Paris entre le peuple et les hommes du guet à cheval et à pieds. Le bâtiment du corps de garde est incendié.

   Le 16 septembre 1788 : rassemblement sur le Pont-Neuf ; depuis plusieurs jours le peuple se rassemblait sur la place du Pont-Neuf. Il faisait saluer et mettre à genoux les passants devant la statue d’Henry IV qu’il pensait avoir été le meilleur des Rois.

   Le 12 juillet 1789 : Le prince Lambec, à la tête du régiment Royal Allemand entre dans les Tuileries par le Pont Tournant.

  Le pont d’Arcole, premier pont suspendu de Paris, tient son nom, non pas de la bataille d'Arcole déjà citée, mais d’un combat qui eut lieu pendant la révolution de 1830. Un jeune insurgé dénommé Arcole, y fut tué, un drapeau tricolore à la main.

   Le Petit Pont, à Paris, a donné l’expression « payé en monnaies de singe »car c’était par-là que les montreurs d’animaux se rendaient à la Cité. Ils s’acquittaient du péage en faisant, dit-on, danser leurs singes.

   incendie pont changesLe Pont-au-Change de Paris avait deux bastilles : l'une rue Saint Denis" le grand Châtelet" l'autre rue Saint-Jacques "le petit Châtelet". Il fut détruit puis rebâti fin XIIIe début XIVe, après les crues terribles de 1280 et 1296. En 1314 il fut reconstruit au moyens d'amendes prélevées sur les Juifs. En 1847, il était encore bordé de maisons de cinq étages et de moulins à nefs qui gâtaient les piles, de boutiques d’orfèvres, de changeurs, ainsi que d’oiseleurs.

   Une des causes de la ruine des ponts, notamment ceux de Paris, était ces maisons et ces moulins dont on permettait l'établissement.

   Le pont Notre-Dame, construit vers le milieu du XIVe, fut refait entièrement en bois, aux frais de la ville de Paris, en 1413. Il menaçait ruine en 1440 et s'écroula en 1498 avec toutes les maisons qui le bordaient. Il y en avait un grand nombre, surchargées de toutes sortes de marchandises et de marchands et ouvriers. Au reste "la proportion de maisons estoit telement juste et égale en beauté , et excellence des ouvrages d'icelle, qu'on pouvait dire avec vérité que ce pont méritoit avoir le premier lieu entre les plus rares ouvrages de France".

   Le Pont Alexandre III fut inauguré par le tsar pour l’exposition universelle de 1896. On peut lire qu'il fut emballé pour l'exposition des Arts décoratifs de 1925 par le grand couturier Paul Poiret. Les coutures furent confectionnées par Fives-Lille et Le Creusot (pour plus de certitudes, on peut consulter, très riche malgré ses innombrables fautes de frappe ou de Français : http://art-histoire-litterature.over-blog.com/2015/01/1925-l-exposition-internationale-des-arts-decoratifs-et-industriels-modernes-i.html).

 

81) Alexandre Frédéric Drieu, né à Caen en 1786, mort en 1865, auteur de plusieurs guides du pontonnier

82) Raimondo, comte de Montecuccoli ou Montecucculi, né en 1609 près de Modène (Italie), mort en 1680. Généralissime de l'armée de l'Empire romain-germanique.

83) Nicolas Grollier de Serrvière (1596-1689), ingénieur militaire français, spécialiste en machines de siège et en ponts flottants, puis inventeur de « machines fantastiques ».

 

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